
Prologue
♪ Everything ♪
Hier soir, comme à son habitude, Damon a fait irruption dans ma chambre. Jusque là, rien de très inhabituel...non, ce qui m'a bouleversé, c'est sa confession. En effet, il m'a rapporté mon collier de verveine, avec une intention derrière la tête. Il a avoué...m'aimer...se jouait-il de moi ? Où était-il sincère ? Là est la vraie question !
Flashback :
J'étais dans ma salle de bain, à me préparer pour aller dormir – oui j'étais déjà fatiguée à 20h, mais ces derniers temps, les journées sont particulièrement harassantes. Quand je suis entrée dans ma chambre, Damon était là, posé sur la banquette près de ma fenêtre, l'air torturé. Bien sûr, j'ai cru qu'il faisait exprès pour que je tombe dans son piège et qu'il me sorte une de ses blagues sarcastiques débiles. Mais il ne disait rien. Il est resté quelques instants assis, la tête baissée. Ça faisait bizarre de le voir avec un air sérieux scotché au visage, mais je ne lui ai pas fait remarquer, de crainte qu'il ne me lance encore un de ses pics.
Puis il m'a regardée, plutôt contemplée, c'était étrange. Je n'ai pas pu soutenir son regard perçant. Ses yeux d'un bleu surnaturel me scrutaient d'une manière à me faire sentir comme si j'étais nue, comme s'il pouvait me percer à jour. Il s'est mit debout et j'ai attendu qu'il daigne parler, or il a juste tendu mon collier, celui que je croyais avoir perdu. Sans réfléchir, je me suis avancée à pas hâtifs, pour récupérer mon bien. Damon n'a pas voulu me le retrourner.
D'emblée, je me suis figée.
-Rends-le moi, s'il te plaît.
-J'ai un truc à dire.
Des questions ont fusé dans mon esprit, toutes évoquaient le même propos : pourquoi devait-il avoir mon collier pour me dire ce « truc ». Était-ce quelque chose de grave, allait-il faire quelque chose de dangereux ? Je commençais à frissonner, j'avais déjà vu Damon ôter la vie d'un homme et aussi celle de mon propre frère, Jeremy. Je savais de quoi il était capable et même si nous étions – en quelques sortes – amis, une once de ma raison m'a dicté de me méfier, c'était après tout Damon Salvatore, le vampire « dénué de compassion ».
-Pourquoi dois-tu le dire avec mon collier ? ai-je soufflé, ne pouvant masquer ma crainte.
Il a froncé les sourcils. Et comme je le dis toujours : c'est mauvais signe.
Il semblait chercher ses mots. Il a bafouillé quelque chose que je n'ai pas pu comprendre. Cela m'a fait un choc, c'était la première fois que je voyais Damon balbutier, il semblait comme désarmé, et tourmenté. Une part de moi souhaitait étancher sa peine, l'autre n'espérait que le voir partir.
-Car ce que je vais te dire est...probablement le truc le plus égoïste que je n'ai jamais dit de toute ma vie, a-t-il débité, sans me lâcher de son regard saisissant.
-Ne fais pas ça, l'ai-je supplié.
Je n'avais pas vraiment conscience de ce qu'il allait me dire, je savais juste que ça aurait un impact assez important pour me torturer.
J'ai essayé de me détourner, mais ses yeux insondables m'avaient envoûtée. J'avais toujours soupçonné qu'il usait de son regard pour ensorceler ses proies. À cet instant, je m'étais considérée comme telle.
-Je ne le dirai qu'une fois, tu n'as juste qu'à écouter, a-t-il juré.
Il s'était dangereusement rapproché de moi. Son odeur avait empli mes narines. Son visage était encré dans ma tête. Ses doigts glacés frôlaient mes bras brûlants. Je m'étais sentie comme extasiée le temps de quelques secondes...jusqu'au moment où il a prononcé les mots interdits :
-Je t'aime, Elena.
J'avais envie de l'entendre le dire une seconde fois.
Je m'étais liquéfiée sur place. Je n'avais jamais cru que ces mots, s'échappant de sa bouche, pouvaient me troubler à ce point. J'avais envie de lui répondre mais je ne pouvais pas, mes lèvres était comme scellées. Ces mêmes mots, je l'ai avais dit à Stefan, son propre frère.
Soudainement, l'horreur de la situation m'a saisie. Damon ne pouvait pas me faire ça, j'appartenais à Stefan, c'était lui que j'aimais....
Or, ses yeux qui me scrutaient presque en m'implorant de répondre, sa bouche frémissant mon prénom avec un ténor voluptueux, son corps, marmoréen, si près du mien, dégageant une fraîcheur enivrante. Tout en lui me poussait à le désirer.
En secouant la tête pour échapper à mes envies, j'ai essayé de le rendre moins affriolant en me remémorant toutes les abominations qu'il avait pu commettre. J'ai essayé, vraiment...mais en vain. Seules la signification et la valeur de ses précédents mots me perturbaient. Je n'avais pas cru qu'il puisse faire part d'une telle tendresse. Derechef, le stéréotype que Damon soit un vampire sans scrupule et assoiffé de sang s'est évanouit. Je l'ai vu sous un nouveau jour, un jour meilleur.
Quand il a perpétué à se confesser, mon c½ur s'est aventuré dans une course folle.
-C'est parce que je t'aime, que je ne peux pas être égoïste avec toi.
Mais c'était déjà trop tard.
Il venait de ruiner toute mon existence. Comment le croiser à la pension sans ressasser sa déclaration ? Comment faire semblant, comment ignorer ? Et surtout, comment le cacher à Stefan ?
Mon pouls a fait un crescendo à l'unisson de ma respiration, cependant que mon c½ur venait d'être déchiré en deux parts distinctes : une pour Stefan et l'autre pour Damon. Laquelle était la plus considérable ?
Stefan demeurait toujours en première place. Il était mon âme s½ur et Damon n'était...qu'une lubie, si je puis dire. Mais ma raison, qui avait désormais pactisé avec mes sentiments, m'imposait mon triste sort : Damon n'étais pas qu'un « caprice » d'adolescente comme j'essayai de m'en convaincre, j'étais éprise de lui.
Nous étions maudits, la fatalité nous poursuivait : l'histoire se répétait. J'étais exactement comme Katherine, aussi ignoble et abjecte. Fallait-il que les frères Salvatore sachent que j'étais partagée ? Non, bien sûr que non, mais jusqu'à cette soirée là, je m'efforçai à refouler mes sentiments pour Damon, mais maintenant que je savais qu'il étaient réciproques, je ne pourrai plus jamais les dissimuler.
-C'est pour ça que tu dois l'ignorer. Je ne te mérite pas.
Ses yeux étaient translucides. Plus clairs que d'habitude. Il avait la fâcheuse capacité à me déstabiliser.
Je voulais lui dire que c'était moi qui ne le méritais pas, je ne méritais aucun des deux d'ailleurs. J'étais assez infâme pour les martyriser. Un jour, Stefan aura vent de cette nuit là, il sera de nouveau brisé, comme au XIXe siècle, le triangle amoureux était de nouveau formé.
-Mais mon frère, lui, te mérite.
Je voulais qu'il cesse de parler, qu'il cesse de dire de telles ignominies. Stefan était le plus adorable de tous les hommes sur terre, j'étais une garce. Nous n'étions plus compatibles. Alors non, je ne le valais pas et lui non plus ne me méritais pas, il méritais une femme qui saurait lui apporter tout le bonheur du monde et qui ne serait pas attirée par son frère.
Les regrets se sont abattus sur mes épaules, le poids était lourd à porter. Je suffoquais, je ne pouvais plus le regarder droit dans les yeux, il aurait décelé la souffrance qui me consumait.
Ses lèvres se sont posées sur mon front. L'onctuosité de sa bouche m'a surprit. Le froid de son corps s'est mêlé à la chaleur du mien. Son contact m'avait électrisée, un feu s'était répandu en moi.
-J'aimerais que tu n'aie pas à oublier cela.
Affectueusement, sa main s'est logée sur mon visage et y a caressé les joues, y laissant un sillage embrasé. Je fermais les yeux, me délectant de son touché. Puis soudain je me suis rendu compte du sens de sa phrase. Comment pourrais-je l'oublier ?
-Mais il le faut, conclut-il avec détermination.
Quand j'ai ouvert les yeux, j'étais sous le charme des pupilles de Damon qui se rétrécissaient. Une larme a débordé de ses yeux, et mon c½ur s'est serré sous la puissance de la culpabilité.
Il utilisait son don d'hypnose pour rayer ce souvenir de ma mémoire.
Sa volonté de m'épargner des remords m'a émue. Il était prévenant avec moi, j'imaginai qu'il ne l'était pas avec tout le monde.
Instinctivement, mes paupières se sont fermées. Quand je les ai ouvertes. Damon avait disparu. J'ai ressenti un vide immense.
Inconsciemment, j'ai porté ma main à la place ou mon bijou d'ordinaire se trouvait, mon collier était attaché autour de ma nuque et le pendentif reposait sur ma poitrine.
Ce qu'il ignorait, c'est que je porte également un bracelet contenant lui aussi de la verveine, j'avais pris mes précautions lorsque Katherine avait fait irruption à Mystic Falls.
Damon pensait sûrement à ce moment que je ne me souvenais plus de rien, que sans mon collier de verveine, son pouvoir avait fonctionné. Sauf que...
Je me souviens d'absolument tout...
Stefan Salvatore referma avec violence le journal d'Elena. Il n'avait pas voulu s'immiscer dans son intimité, désormais, il regrettait amèrement de l'avoir lu.
Il était juste venu rendre visite à sa petite amie. Elle s'était rendue à la pizzeria pour récupérer le dîner, donc, il l'avait patiemment attendue...jusqu'au moment où il avait repéré le bout en cuir marron d'un livre, dépasser du matelas d'Elena. Intrigué, il s'était emparé du bouquin. Il fut plus troublé lorsqu'il se rendit compte que celui-ci n'avait pas de titre.
Tenté par la curiosité, il avait jeté un coup d'½il dans le livre juste pour savoir ce qu'il contenait. Comme si le destin lui avait joué des tours, il avait ouvert le journal sur cette fameuse page du 1 Octobre, il la lut et s'en mordit les doigts.











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